Chaque pièce du système coupée en deux. Bougez les curseurs — la physique réagit. Aucune boîte noire : une bobine, une membrane, un micro sur un tuyau, une radio dans un regard, et une règle sur 3 h du matin.
Chaque secteur en a déjà un : une chambre en béton sous un tampon en fonte, où la conduite entre et où une vanne peut la fermer. Rien n’est creusé. Le débitmètre se monte en ligne, le capteur de pression se visse sur un piquage, le boîtier se fixe au mur, et l’antenne se place juste sous le tampon.
L’eau conduit un peu l’électricité. Faites-la passer dans un champ magnétique et elle se comporte comme un fil qui bouge devant un aimant : une tension apparaît (Faraday). Deux électrodes sur la paroi lisent cette tension. Eau plus rapide, tension plus haute. Rien ne tourne, rien ne s’use, rien ne se bouche.
Une fine membrane d’acier sépare l’eau d’une chambre scellée. L’eau pousse, la membrane fléchit de quelques microns, et quatre minuscules résistances imprimées au dos s’étirent et changent de valeur — un pont de Wheatstone en fait une tension. Sortie 4–20 mA ou 0–5 V, lue chaque minute la nuit.
Quatre choses dans un boîtier IP68 grand comme un livre de poche : un microcontrôleur qui dort, une radio LoRa, un pack lithium, et les connecteurs des deux capteurs. Il se réveille, lit les capteurs, envoie ~20 octets, et se rendort. L’autonomie vient du peu de temps où il est éveillé.
| état | courant | temps / jour |
|---|---|---|
| sommeil profond | 15 µA | 23 h 55 min |
| mesure | 30 mA | 96 × 1 s |
| émission LoRa (SF9, 14 dBm) | 120 mA | 96 × 0.3 s |
| ≈ 2,3 mAh/jour → un pack de 19 Ah tient > 8 ans | ||
Une fissure ou un trou de corrosion. L’eau à 4 bar est forcée dans un passage de quelques millimètres à 20–30 m/s. Trois choses arrivent en même temps, et chacune est un capteur :
Trou plus grand : plus fort, plus de débit, plus de chute de pression. Faites glisser.
Le jour, une fuite est noyée sous des milliers de robinets. Entre 02:00 et 04:00, un secteur de 1 000 foyers ne consomme presque rien — quelques chasses d’eau, une boulangerie. Tout le reste qui entre, fuit. Le système lit le minimum dans cette fenêtre et le compare à l’historique du même secteur.
C’est la méthode standard de l’IWA, faite d’habitude par un technicien une fois l’an avec un bloc-notes. Ici, ça se produit chaque nuit, dans chaque secteur, et l’alarme a un score de confiance parce que la référence est une distribution, pas un chiffre.
L’eau perd de la pression en avançant dans la conduite — lentement si elle est saine. Une fuite entre deux capteurs, c’est du débit en plus dans ce tronçon : la chute de pression y est plus raide qu’ailleurs. Comparez les chutes, et le tronçon fuyard se démarque.
Déplacez la fuite. Regardez quelle paire de capteurs n’est plus d’accord.
Le sifflement du trou parcourt la paroi dans les deux sens, à la vitesse du son dans cette conduite — environ 1 180 m/s dans la fonte, 400 m/s dans le plastique. Il atteint d’abord l’enregistreur le plus proche. On fait glisser les deux enregistrements l’un contre l’autre jusqu’à l’alignement ; le glissement nécessaire est le décalage Δt, et ce décalage est une distance.
Les enregistreurs sont un accéléromètre piézo sur aimant, posé sur une vanne ou une bouche. L’équipe les déplace ; ils ne sont pas permanents.
Un tampon en fonte et un mètre de béton humide mangent 20–35 dB de signal. LoRa est fait exactement pour ça : il étale chaque bit sur un long chirp pour que le récepteur le retrouve sous le plancher de bruit. Des chirps plus lents (facteur d’étalement plus haut) portent plus loin et à travers plus de béton, mais coûtent du temps d’antenne et de la batterie. Le mémoire mesure ça depuis de vrais regards et règle chaque nœud.
| SF | sensibilité | temps d’antenne, 20 o | portée dégagée | depuis le regard |
|---|---|---|---|---|
| SF7 | −123 dBm | 61 ms | 3 km | 0.8 km |
| SF9 | −129 dBm | 206 ms | 6 km | 2 km |
| SF12 | −137 dBm | 1,483 ms | 14 km | 5 km |