HYDRA · sous le capot

Ce qu’il y a vraiment dans la canalisation, et comment ça trouve une fuite

Chaque pièce du système coupée en deux. Bougez les curseurs — la physique réagit. Aucune boîte noire : une bobine, une membrane, un micro sur un tuyau, une radio dans un regard, et une règle sur 3 h du matin.

1 · OÙ ÇA VIT

Le regard de vanne à l’entrée du secteur

Chaque secteur en a déjà un : une chambre en béton sous un tampon en fonte, où la conduite entre et où une vanne peut la fermer. Rien n’est creusé. Le débitmètre se monte en ligne, le capteur de pression se visse sur un piquage, le boîtier se fixe au mur, et l’antenne se place juste sous le tampon.

  • Tampon : fonte, 40 kg — un problème radio, résolu à la section 9
  • Profondeur : 1–2 m, souvent inondé → tout en IP68
  • Alimentation : aucune. Batterie seulement. Ça décide de toute la conception.
niveau de la rue tampon en fonte vanne débitmètreDN100 en ligne pression nodeESP32 · LoRa antenne, 5 cm sous le tampon eau stagnante — normal coupe
2 · MESURER LE DÉBIT SANS PIÈCE MOBILE

Débitmètre électromagnétique, coupé en deux

L’eau conduit un peu l’électricité. Faites-la passer dans un champ magnétique et elle se comporte comme un fil qui bouge devant un aimant : une tension apparaît (Faraday). Deux électrodes sur la paroi lisent cette tension. Eau plus rapide, tension plus haute. Rien ne tourne, rien ne s’use, rien ne se bouche.

U = B · D · v   →   Q = v · π D² / 4
Bchamp des bobines, ~0,01 TDdiamètre de la conduite, 100 mmvvitesse de l’eau — le curseurUdes microvolts aux millivolts, amplifiés sur le nœud
bobine N bobine S champ B électrodeélectrode voltmètre0.8 mV28 m³/h eau → coupe longitudinale
1.00 m/s
3 · MESURER LA PRESSION

Capteur de pression, coupé en deux

Une fine membrane d’acier sépare l’eau d’une chambre scellée. L’eau pousse, la membrane fléchit de quelques microns, et quatre minuscules résistances imprimées au dos s’étirent et changent de valeur — un pont de Wheatstone en fait une tension. Sortie 4–20 mA ou 0–5 V, lue chaque minute la nuit.

  • Plage 0–10 bar, résolution 0,01 bar — une fuite à 300 m se voit comme 0,3–1,5 bar de moins
  • Se visse sur le piquage ½" existant du corps de vanne
  • Coûte 15 €. Trois par secteur localisent au tronçon.
chambre de référencescellée membranejauges de contrainte ×4 sortie du pont3.9 bar19.5 mV flexion ×2000
3.9 bar
4 · LE BOÎTIER AU MUR

Le nœud, ouvert

Quatre choses dans un boîtier IP68 grand comme un livre de poche : un microcontrôleur qui dort, une radio LoRa, un pack lithium, et les connecteurs des deux capteurs. Il se réveille, lit les capteurs, envoie ~20 octets, et se rendort. L’autonomie vient du peu de temps où il est éveillé.

étatcouranttemps / jour
sommeil profond15 µA23 h 55 min
mesure30 mA96 × 1 s
émission LoRa (SF9, 14 dBm)120 mA96 × 0.3 s
≈ 2,3 mAh/jour → un pack de 19 Ah tient > 8 ans
ESP32-S3se réveille 96×/jour en sommeil · 15 µA SX1262 LoRa868 MHz · 14 dBmSF7–SF12 Li-SOCl₂ · 3.6 V · 19 AhD-cell ×2 · −55…+85 °C antenne, +2 dBi débitpression polycarbonate IP68 · 180 × 130 × 60 mm · 45 € de composants
5 · CE QUE NOUS CHERCHONS

Ce qu’une fuite fait à une canalisation

Une fissure ou un trou de corrosion. L’eau à 4 bar est forcée dans un passage de quelques millimètres à 20–30 m/s. Trois choses arrivent en même temps, et chacune est un capteur :

  • Plus d’eau entre dans le secteur qu’il n’en sort par les robinets — le débitmètre le voit la nuit.
  • La pression chute en aval du trou — les capteurs voient une marche.
  • Le jet siffle : la turbulence au trou crée un sifflement à 1–5 kHz qui parcourt des centaines de mètres le long de la paroi métallique — les enregistreurs l’entendent.

Trou plus grand : plus fort, plus de débit, plus de chute de pression. Faites glisser.

sol le sifflement parcourt la paroi, dans les deux sens pression le long de la conduite leak 0.9 m³/h
4 mm≈ 0.9 m³/h · 22 m³/day
6 · LA RÈGLE DES 3 H DU MATIN

Débit minimum nocturne : la fuite n’a nulle part où se cacher

Le jour, une fuite est noyée sous des milliers de robinets. Entre 02:00 et 04:00, un secteur de 1 000 foyers ne consomme presque rien — quelques chasses d’eau, une boulangerie. Tout le reste qui entre, fuit. Le système lit le minimum dans cette fenêtre et le compare à l’historique du même secteur.

fuite ≈ MNFcette nuit − MNFréférence

C’est la méthode standard de l’IWA, faite d’habitude par un technicien une fois l’an avec un bloc-notes. Ici, ça se produit chaque nuit, dans chaque secteur, et l’alarme a un score de confiance parce que la référence est une distribution, pas un chiffre.

02–04h 22h02h06h12h18h22h080160 fuite 0 m³/h — constante toute la journée, visible seulement la nuit consommation
0 m³/hMNF 28
7 · DU SECTEUR À LA RUE

Trois points de pression découpent le secteur en tronçons

L’eau perd de la pression en avançant dans la conduite — lentement si elle est saine. Une fuite entre deux capteurs, c’est du débit en plus dans ce tronçon : la chute de pression y est plus raide qu’ailleurs. Comparez les chutes, et le tronçon fuyard se démarque.

Déplacez la fuite. Regardez quelle paire de capteurs n’est plus d’accord.

P-B → P-C−0,3 bar · normalP-C → P-D−0,3 bar · normal
P-BP-CP-D 3.9 bar3.6 bar3.3 bar profil de pression
segment B–C
8 · AU MÈTRE PRÈS

Deux enregistreurs, un décalage, une distance

Le sifflement du trou parcourt la paroi dans les deux sens, à la vitesse du son dans cette conduite — environ 1 180 m/s dans la fonte, 400 m/s dans le plastique. Il atteint d’abord l’enregistreur le plus proche. On fait glisser les deux enregistrements l’un contre l’autre jusqu’à l’alignement ; le glissement nécessaire est le décalage Δt, et ce décalage est une distance.

dA = ( Lv · Δt ) / 2
Ldistance entre les enregistreurs le long de la conduite (connue, 320 m)vvitesse du son dans le matériau de la conduiteΔtpic de la corrélation croisée — le curseur déplace la fuite, Δt suit

Les enregistreurs sont un accéléromètre piézo sur aimant, posé sur une vanne ou une bouche. L’équipe les déplace ; ils ne sont pas permanents.

A B L = 320 m enregistreur Aenregistreur B corrélation croisée Δt = 0 ms 160 m depuis A
160 m
9 · LA PARTIE TÉLÉCOMS

Faire sortir 20 octets d’un regard, sur 5 km, sur batterie

Un tampon en fonte et un mètre de béton humide mangent 20–35 dB de signal. LoRa est fait exactement pour ça : il étale chaque bit sur un long chirp pour que le récepteur le retrouve sous le plancher de bruit. Des chirps plus lents (facteur d’étalement plus haut) portent plus loin et à travers plus de béton, mais coûtent du temps d’antenne et de la batterie. Le mémoire mesure ça depuis de vrais regards et règle chaque nœud.

bilan de liaison = 14 dBm + 2 dBi + 8 dBi − (pertes de trajet + perte du tampon) ≥ sensibilité
SFsensibilitétemps d’antenne, 20 oportée dégagéedepuis le regard
SF7−123 dBm61 ms3 km0.8 km
SF9−129 dBm206 ms6 km2 km
SF12−137 dBm1,483 ms14 km5 km
nœud sous le tampon château d’eau ADE passerelle · +8 dBi puissance reçue−118 dBm SF9 · marge +11 dB · 206 ms · OK 5.0 km
5 km · 25 dB
© Toufik Zeraguet · toufikzeraguet@wavedz.com